Le libre arbitre des hommes consiste à choisir la femme qui décidera à leur place.

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mardi, 25 mai 2010

Fin de Lost : mes explications.

Lost, c’est terminé. En effet, le final de la série a eu lieu dimanche soir dernier et nous sommes nombreux à être restés sur notre fin. Et pour cause, puisque les scénaristes de la série n’ont pas répondu à toutes les questions que nous pouvions nous poser. En revanche, ils nous ont laissé quelques pistes qui m’ont conduit à une interprétation toute personnelle de la série. Autant dire que si vous n’avez pas fini la saison 6 de Lost, vous feriez mieux de passer votre chemin. Avant tout, il faut savoir que ces six dernières années ont été riches en rebondissements de tout genre. De nombreuses portes ont donc été ouvertes, certaines ne seront sans doute jamais refermées mais le final de Lost nous permet quand même d’expliquer pas mal de choses. Notez toutefois que je ne prétends pas détenir la vérité universelle...

La nature de l’île

C’est sans doute la plus grande question que nous nous posons. Car si le final de la saison 6 de Lost ne laisse aucun doute sur la nature de la réalité alternative, on ne peut pas dire qu’il soit très explicite sur la nature profonde de l’île. En revanche, en extrapolant certains détails, il est possible d’obtenir certaines informations à son sujet.

La réalité alternative est créée de toute pièce par les personnages de la série. C’est un univers virtuel collectif qui précède la mort. Car en effet, tous nos héros sont morts et ont décidé de s’attendre afin d’affronter cette dernière épreuve ensemble. Là dessus, nous n’avons pas de doutes à avoir puisque c’est précisément ce que révèle Christian Shephard à son fils dans l’église à la fin du double épisode.

Une réalité alternative qui prend des allures de purgatoire, ou si vous préférez de salle d’attente précédant la mort. Ce qui prouve au moins une chose, à savoir que l’île est parfaitement réelle et que tout ce qui s’y est produit est vraiment arrivé. Voilà donc là l’un des plus gros mystères de la série enfin dévoilé.

Quant à la nature profonde de l’île, les indices la concernant ont été disséminés tout au long de la saison. C’est sans doute la raison pour laquelle les scénaristes de Lost n’ont pas cru bon d’apporter des réponses précises sur cette question. Je vais donc essayer d’apporter un peu de lumière sur cette question.

On sait ainsi que l’île est doté de certaines particularités électro-magnétiques et qu’elle est ainsi capable de se déplacer dans le temps. Là, ce n’est pas compliqué puisque c’est justement pour cette raison que la Dharma Initiative était sur place (ou pas) . Cela dit, on sait aussi que l’équilibre de ces forces est très fragile. D’où les fameux dérèglements de la saison 5 de la série.

Mais je pense pour ma part que l’île a également des propriétés divines. Lorsque Desmond et Jack descendent à la source, on constate que le cœur de l’île est en réalité un bouchon duquel émane une étrange lumière. Une lumière de nature identique à celle qui envahit l’église de la réalité alternative lorsque Christian Shephard ouvre ses portes.

Ce qui signifie tout simplement que si l’île est dotée de propriétés scientifiques (électro-magnétisme), sa nature intrinsèque est de l’ordre du divin. Et nous allons le prouver tout de suite.

Le rôle de l’île

Maintenant que nous avons une idée de ce qu’est l’île, il est nécessaire de s’interroger sur son rôle. Là encore, les indices sont nombreux mais pas toujours très explicites.

Le cœur de l’île, pour commencer, est en réalité un bouchon qui ferme une étrange cavité. Point amusant, on ne manquera pas de se souvenir de la fameuse conversation entre Jacob et son frère ainsi que de l’analogie de la bouteille et de son bouchon. D’un certain sens, on peut dire que c’était cousu de fil blanc.

La question que l’on peut se poser, évidemment, c’est de savoir ce que bloque ce fameux bouchon. Et lorsque Desmond l’enlève et que d’inquiétantes flammes s’en échappent, on ne peut pas s’empêcher de penser aux enfers. Une vision certes réductrice mais plutôt cohérente. D’autant plus que les influences bibliques sont omniprésentes tout au long de la série (Jacob / MIB comme Abel / Caïn, Jacob qui plonge Richard Alpert dans l’eau pour le bénir et ainsi de suite).

Pour en revenir au cœur de l’île, il convient de se pencher sur l’eau qui entoure le bouchon. Car en effet, la symbolique de l’eau est très forte. L’eau est en effet le symbole de la vie, de la purification, de la fécondité, de la fertilité. En revanche, lorsque le bouchon est enlevé, alors l’eau laisse la place au feu. Oui, le feu, qui est aussi le symbole des enfers, de la destruction, de la guerre.

Notons d’ailleurs que Jacob et MIB sont construits sur ce même antagonisme. Le protecteur de l’île et la fumée noire

L’île n’est donc rien d’autre qu’un bouchon divin destiné à empêcher les enfers de se répandre sur le monde. Cela dit, elle a besoin d’un protecteur. Son rôle est simple, il doit empêcher quiconque de s’approcher du cœur de l’île (ce que fait d’ailleurs la mère adoptive de Jacob et de MIB). C’est donc une sorte de veilleur immortel capable de manipuler l’énergie électro-magnétique de l’île. Simple et efficace, donc.

Du moins jusqu’à l’arrivée de Jacob et de son frère. Comme le dit la mère adoptive des deux enfants, ce dernier n’était d’ailleurs pas prévu. MIB n’aurait jamais du exister et c’est justement à cause de cela que l’équilibre de l’île va être menacé.

Jacob a commis beaucoup d’erreurs mais la pire d’entre elles a été de céder à la colère. C’est en effet à cause d’elle qu’il a jeté son frère dans la source, alors même que sa mère adoptive lui avait fait promettre de ne jamais y mettre les pieds.

Le cas MIB est sans doute le plus difficile à expliquer. Jusqu’au final de Lost, on pouvait penser que la fumée noire avait été créée par le cœur de l’île. Cette explication tenait parfaitement la route, du moins jusqu’à ce que Jack se rende également dans la source et en ressorte… indemne (enfin mourant, mais à cause de sa blessure). Notons d’ailleurs que nous pouvons mettre Desmond de côté puisque ce dernier présente une résistance naturelle au phénomènes électro-magnétiques et donc à l’énergie libérée par la source. De la même manière, lorsque ce dernier se rend jusqu’à la source, il croise de nombreux squelettes. Ce qui prouve que seul un protecteur, ou un homme présentant les mêmes caractéristiques que Desmond, peut se rendre jusqu’au cœur de l’île.

Le frère de Jacob va dans la source, il devient fumée. Jack va dans la source, il reste Jack. Et les deux compères ressortent exactement par le même endroit. J’étais donc confronté à un non sens,..

Je pense en effet, après mûres réflexions, que le cœur de l’île fonctionne comme un catalyseur. Le frère de Jacob était de nature égoïste, il ne pensait qu’à quitter l’île et était prêt à tout pour ça. En atteignant la source, il a été façonné à l’image de sa nature profonde et est donc devenu ce concentré de haine et de colère, cette bourrasque maléfique qui emporte tout sur son passage.

Jack, au contraire, était sans doute le plus modeste et le plus désintéressé de tous. Après avoir fui ses responsabilités, il a fini par les accepter. Tout ce qu’il voulait, c’était sauver l’île et ses compagnons. Pour cet énorme sacrifice, il a donc eu droit à une mort honorable, une mort d’homme. Ainsi qu’à la vision de ses amis en train de s’échapper de l’île, bien vivants.

La Dharma Initiative et les Autres

Il reste évidemment la question des autres protagonistes de l’histoire et donc de la Dharma Initiative et des Autres. Car en effet, de nombreux pieds ont foulé l’île, certains étaient invités par Jacob ou par les protecteurs d’autant, d’autres se sont tout simplement échoués par hasard. C’était d’ailleurs le cas de ceux parmi lesquels vivaient le frère de Jacob.

Cela dit, la présence de la Dharma Initiative sur place n’était pas le fruit d’un hasard. Bien au contraire, ces derniers ont sans doute été appelés par Jacob. Pourquoi ? Tout simplement pour l’aider à réparer son erreur et à tuer MIB. Ce qui explique d’ailleurs pourquoi la Dharma Initiative possédait la seule technologie capable de repousser MIB et pourquoi Charles Widmore est revenu à la fin avec Desmond.

Malheureusement, la Dharma Initiative a été corrompue par MIB. Ce dernier a en effet utilisé Benjamin Linus pour porter un coup fatal à leur organisation (d’où l’antagonisme Ben / Charles Widmore). Même chose pour les Autres qui étaient finalement dirigés en sous main par MIB et c’est ce qui explique pourquoi ces derniers ont tout fait pour porter un coup fatal aux survivants du vol Océanic 815.

Ces derniers n’étaient qu’une tentative de plus pour Jacob. Une tentative qui a finalement trouvé un dénouement heureux, MIB n’ayant pas réussi à tous les corrompre.

Plus globalement, on pourrait dire que les événements qui se sont déroulés sur l’île étaient à l’image du jeu auquel jouaient Jacob et son frère étant enfants. La Dharma Initiative, les Autres, Jack et ses amis n’étaient finalement que des pièces sur un énorme échiquier. On ne manquera pas de noter que la symbolique biblique est encore très forte.

Cela dit, même si les six saisons de Lost n’étaient finalement qu’une partie de plus pour les deux frères, on peut remarquer que ces deux personnages ne jouaient pas avec les mêmes règles. MIB n’hésitait jamais à intervenir, à influencer, alors que Jacob a toujours pris le parti de ne pas intervenir. Pourquoi ? Parce qu’il souhaitait leur laisser le choix, parce qu’il croyait au libre-arbitre.

Ce qui prouve, une fois de plus, la nature divine de l’île et de ses représentants.

La réalité alternative

Contrairement aux apparences, Lost n’est pas qu’une série fantastique fondée sur un manichéisme grossier et empreint d’une symbolique biblique parfois discutable. Non, cette série est également une ode à l’humanité et aux liens qui nous unissent tous. Et c’est exactement ce que raconte la réalité alternative.

Tous les passagers du vol Océanic 815 sont liés les uns aux autres. Les scénaristes de Lost sont en effet partis du principe que nous croisons durant notre vie des gens qui ont de l’importance, des gens qui ont un impact sur nous ainsi que sur notre nature profonde. Des gens qui nous complètent et qui donnent un sens à notre vie.

C’est ainsi que Locke et Jack sont liés. Ils ont tous les deux des problèmes avec leurs pères respectifs, ils sont brisés et doivent être réparés. Même chose pour Kate et Sawyer, des fugitifs, des marginaux qui ne sont guère différents l’un de l’autre. Et tous ces personnages qui s’entrechoquent, qui rentrent en collision, se nourrissent les uns les autres. Kate a besoin de Jack comme Jack a besoin de Sawyer et ainsi de suite.

Ce qui est réellement émouvant, c’est finalement de se dire que ces liens échappent à tout, même à la mort. Certains trouveront ce point un peu naïf, c’est certain, mais c’est le message que les scénaristes de Lost ont souhaité faire passer. D’un certains sens, le reste n’a pas d’importance, seuls comptent les liens qui unissent ces héros dont nous suivons l’aventure depuis six ans.

Notons d’ailleurs que ce message est présent dans toutes les saisons de Lost, mis en valeur par les nombreux flash-backs ou flash-forwards des protagonistes de l’aventure. Comme beaucoup d’autres, je pensais que ces passages n’étaient destinés qu’à nous donner des informations sur la nature de l’île ou sur son rôle. En réalité, ce n’est pas le cas.

Mais attention car la notion de groupe est également très importante. A la fin, Ben ne rentre pas dans l’église. Pourquoi ? Parce qu’il ne fait pas partie du groupe des survivants du vol Océanic 815. Certes, il s’est confronté à eux à maintes reprises, mais il est nettement plus proche de Rousseau ou encore de sa fille adoptive Alex. Et c’est donc à leurs côtés qu’il devra affronter la mort. Et finalement ?

Mon premier sentiment, après le final de Lost, a été la déception. Je m’attendais à quelque chose de plus violent, de plus bluffant. A des révélations tonitruantes, à des explications claires et concises. En réalité, une partie de moi savait que cela ne pouvait être le cas. Lost adresse à tout le monde un message différent. Plusieurs niveaux de lecture peuvent coexister et c’est finalement ce que prouve cette histoire.

jeudi, 14 janvier 2010

Bidoche - L'industrie de la viande menace le monde

Bidoche

Voilà un livre bien salutaire que Bidoche. Il met à jour les rouages d’un système politico- scientifico- agro- industriel qui s’est développé en France depuis la Seconde Guerre mondiale, transformant les rapports entre les humains et les animaux, entre les pays du Nord et les pays du Sud, entre les humains et la terre. Jusqu’ici, il n’y avait guère que ces allumés de végétariens pour dénoncer ce que Bidoche dévoile, et il n’était pas très difficile de les accuser d’exagérer, en ce qui concerne les traitements faits aux animaux et en ce qui concerne les conséquences écologiques de l’élevage, pour défendre leur chapelle. C'est dans le cadre d'un cours de Master intitulé "Question d'éthique " que j'ai lu cette ouvrage.

Voici donc Fabrice Nicolino, journaliste et écologiste, connu pour la pertinence et la force de ses précédents essais sur les pesticides et les agrocarburants, qui s’attelle à cette question. Fabrice Nicolino n’est pas végétarien, mais il admet dans ses interviews que son enquête l’a sérieusement ébranlé, et qu’il pourrait bien s’acheminer dans cette direction.

Bidoche constitue une somme importante pour qui s’intéresse au devenir de l’agriculture dans nos pays riches, et il me paraît difficile (et d’ailleurs, peu souhaitable) d’en réaliser une synthèse ici.

Ce qui m’a frappée, dans ce livre – puisqu’il faut choisir un angle d’approche -, c’est comment l’industrie de la viande apparaît à la fois très rationnelle, et très irrationnelle.

Tout d’abord, rationalité économique poussée à l’extrême : on comprend, à la lecture de ces pages, que tout ce qu’il est possible de faire subir aux animaux pour gagner plus d’argent, on le fait. Sélection génétique, débecquage des poulets et castration à vif des porcelets, nourriture chimique, hormones et antibiotiques, contention des animaux dans des espaces minuscules, abattage à la chaîne. L’alimentation aux farines animales elle-même a été pensée et pesée méticuleusement avant d’être appliquée. L’approche coût-bénéfice, reine dans nos modèles économiques néolibéraux, conditionne l’existence des millions d’animaux chaque année en France, dans le cadre de cet « élevage » intensif qui contribue à 99,5% de la « production » de viande, le reste se partageant entre viande bio et races locales. 99,5%, cela signifie toute la viande des cantines, des supermarchés, des restaurants… Toute la viande, sauf lorsque le contraire est précisé, ce qui est rare.

Deuxièmement, parfaite rationalité d’un système qui tient ensemble les industriels, les scientifiques, les politiques, et les lobbies de la nutrition. Depuis 1945, l’INRA constitue un formidable vecteur de transmission du modèle américain à l’agriculture française, et parvient à empêcher des modèles alternatifs au tout industriel de se développer. Dans le cas du foie gras, il est depuis plusieurs années au service du CIFOG (Comité Interprofessionnel des Palmipèdes à Foie Gras) pour défendre, avec l’appui d’une caution prétendument scientifique, une filière menacée par une prise de conscience citoyenne croissante .

Dans la même dynamique, Bidoche décrit comment, à chaque explosion d’un scandale, qu’il soit sanitaire (la viande aux hormones) ou bien écologique (les sols bretons empoisonnés aux nitrates), l’industrie de la viande fait pression sur les pouvoirs publics, pour que surtout rien ne change. On y découvre par ailleurs l’existence d’un groupe invraisemblable, le « Comité Noé », un puissant groupe de lobbying au service des « utilisateurs des animaux » (des éleveurs aux aficionados de la corrida, en passant par les déterreurs de blaireaux), qui opère en particulier en stigmatisant les « terroristes du bien-être animal » sans craindre aucunement la caricature (dans une brochure produite par le Comité Noé, les végétariens sont représentés tout de noir vêtus, et cagoulés !!). On découvre que les organisations qui sont censées s’occuper de diététique en France (par exemple le Programme Nutrition Santé, ou l’Institut Français de la Nutrition) sont en très grande partie pilotées par les industriels de la viande et du lait, qui conditionnent en grande partie leurs préconisations.

M’enfin, si l’industrie de la viande s’organise très rigoureusement pour pourfendre ses détracteurs, l’accumulation d’un certain nombre de résultats écologiques et sanitaires fait craquer les coutures de sa comm’ lisse et léchée, et ainsi se dévoile l’irrationalité flagrante d’un système insoutenable dans le long terme.

Pour soutenir les demandes croissantes de produits animaux de la part des pays riches, on doit produire des céréales et des légumineuses en quantité explosive, et la pression sur les ressources des pays du Sud devient de plus en plus lourde. Le soja d’Amérique Latine, presque toujours OGM, est un acteur essentiel dans le système mondial de « production » de viande. Pour lui offrir les surfaces qu’il réclame, on déforeste, on exproprie violemment des groupes d’Indiens. Ce sont des multinationales, comme Cargill, qui font la loi et qui sont les grandes gagnantes du système.

En conséquence, mais aussi pour d’autres raisons, l’élevage porte une lourde responsabilité dans le changement climatique : il est à l’origine de 18% des émissions de gaz à effet de serre (GES) sur Terre, selon l’étude de la FAO de novembre 2006, et 51% selon une étude plus récente. Quel que soit le chiffre réel, les mesures politiques nationales comme internationales affichent un inquiétant silence au regard de son importance.

Du côté de la santé, le régime alimentaire occidental apparaît également comme une aberration, qui porte de lourdes conséquences : le rapport Campbell, ou « China Study », la plus large étude diététique comparative menée à ce jour, le démontre sans équivoque.

C’est donc à un système absurde, injuste en termes de rapports Nord-Sud, insoutenable écologiquement, qui ne comporte presque aucune limite en termes de maltraitance animale, que nous participons (presque) tous. Nicolino a décidé de constituer son ouvrage comme élément d’un dispositif militant d’anti-désinformation : il s’exprime dans de nombreux médias depuis quelques semaines, et relaie ses passages médiatiques sur un blog. Dans la conclusion de son livre, il appelle les citoyen-ne-s à une révolution profonde dans les habitudes alimentaires, que ce soit en choisissant le végétarisme (qu’il présente sous un jour très positif), ou bien en optant pour une réduction drastique de la consommation de viande (l’impact écologique étant également très important en bio) et en ne consommant que la viande de filières comme le Réseau Agriculture Durable, dont il décrit les engagements et les pratiques. Il s’agit en tout cas d’opérer des ruptures radicales, dans une pratique quotidienne qui a des impacts dans plusieurs domaines importants, et qui demeure jusqu’ici un grand impensé du politique.

Au fur et à mesure cette exposé nous avons pu voir se dessiner le rapport éthique de l'auteur à l'environnement et la condition animale aussi bien qu'une éthique de l'alimentaire. Les choix moraux affirmés s'axaient sur plusieurs ordres. D'une part il y a une dénonciation de l'activité des lobbys concentrant l'agriculture dans les mains de puissants luttant pour leurs propres intérêts, d'autre part il y a un refus du rapport à l'environnement . Ici le développement se fait en terme de dangerosité à des échelles locales et globales. Au final la solution de l'auteur tend à l'extrême puisqu'il faudrait cesser de manger de la viande et de contribuer au cercle vicieux de l'agro industrie...

mardi, 21 juillet 2009

Le livre de Packet Filter

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Demain 2 juillet 2009 sort le beautiful livre sur le meilleur des meilleurs pare-feu : PF. Et qui a traduit ce livre... mon Maxime! Évidemment j'ai contribué par ma relecture orthographique du dessus de l'épaule... et oui, je suis comme ça toujours prête à rendre service.

Je vous fait ci après un bref résumé de ce que j'ai retenu et compris : La quête de qualité, pour les administrateurs réseau, est sans fin. Cet ouvrage démystifie les outils de sécurité des systèmes BSD modernes. Aussi bien destiné aux bidouilleurs qu'aux professionnels, il aidera ceux qui n'ont pas abandonné leur quête d'un Graal moderne : la qualité réseau. Le lecteur apprendra ainsi à créer des jeux de règles pour toutes sortes de trafics réseau, tant sur un simple réseau local domestique que derrière une NAT ou à travers une DMZ, par-dessus un pont, etc. On verra aussi comment créer un point d'accès sans fil et le verrouiller avec authpf et autres restrictions spécifiques ; répartir la charge grâce à des règles de redirection et en utiliser CARP pour la reprise de panne ; utiliser des tables pour une défense pro-active contre éventuels attaquants et spammers ; mettre en place des files d'attente et du calibrage de trafic avec ALTQ, afin de préserver, à tout moment, les ressources de votre réseau ; effectuer une bonne supervision et visualisation depuis les journaux. Ce livre a été écrit pour les administrateurs réseau et amateurs de BSD, quel que soit leur niveau d'expertise. À l'heure où les services réseau exigent toujours plus de bande passante, et où l'hostilité sur Internet se fait chaque jour plus forte, Packet Filter gagne à être connu ! Enfin vous l'avez compris c'est une véritable bible.

Donc demain , tous à la Fnac!

vendredi, 19 juin 2009

Honneur à Maupassant

C’est Claude Santelli qui va être content, là où il se trouve. Nul autre mieux que lui n’a tracé le sillon Maupassant à la télévision. On s’en souviendra le 6 mars lorsque France 2 donnera à 20h50 le coup d’envoi de sa nouvelle collection “Maupassant” marquée par l’adaptation de quatre contes de 30 minutes et quatre nouvelles de 60 minutes confiée à des pointures de la réalisation et du scénario. Ca commencera ce soir-là par La parure (Claude Chabrol) et Histoire d’une fille de ferme (Denis Malleval). Ça se poursuivra quatre semaines durant avec Le père Amable, L’Héritage, Miss Harriet, Hautot père et fils, Toine, Deux amis. On a tous un Maupassant de chevet. Moi, c’est La Chevelure. Prétexte pour revisiter le bonhomme.

La maison Marpon et Flammarion édite en 1885 La Chevelure publié un an avant par le Gil Blas. On pourrait le présenter ainsi : un médecin donne à lire au narrateur le journal d’un fou, lequel, amateur d’antiquités, avait acquis un jour un vieux meuble italien renfermant une chevelure ; sa découverte l’obséda au point de ne plus jamais s’en séparer où qu’il fut, allant jusqu’à assurer avoir possédé la défunte femme à qui elle appartenait ; jugé fou, il fut enfermé. On pourrait également l’évoquer comme l’histoire d’un écrivain obsessionnel que rien n’excitait davantage chez une femme que toison, poils et cheveux. La chevelure féminine inspire alors des poètes mais chez Maupassant, c’est âpre, irrégulier et sombre, loin des métaphores filées du blason de Baudelaire et de l’impeccable technique du sonnet de Mallarmé. On pourrait y voir le portrait en creux de tout collectionneur. On pourrait tout aussi bien écrire : c’est l’histoire d’un homme se promenant dans le parc d’un asile d’aliénés et qui, apercevant des femmes en cheveux marchant dans la rue, s’agrippe aux grilles et les hèle : « Vous êtes nombreuses là-dedans ? » Le fait est que sa prise de conscience de la folie qui le gagne date de cette parution, plusieurs années après la manifestation des premiers symptômes. D’ailleurs, il n’y voit plus clair. Pas assez pour lire, juste assez pour écrire. Un implacable pressentiment de sa démence lui annonce son entrée dans le chaos. Sa lucidité sur lui-même est effrayante. Il se sent s’enfoncer tandis que son moi se vaporise ; cette intuition de l’intime désastre à l’œuvre ne fait que précipiter le basculement de l’autre côté.

Maupassant est un obsessionnel par tempérament. Le sexe bien sûr, et les fantasmes qui y sont attachés, mais pas seulement. Il est obsédé par quelques principes qu’il s’est fixés à jamais : ne pas être dupe, conserver une indépendance absolue, mettre à distance honneurs et académies. Maupassant est un faune que la mondanité pour la mondanité précipite dans une humeur massacrante ; la médiocrité de la vie de salons accable celui qui se veut un homme des bois, cours d’eaux et forêts. Rien ne vaut la solitude au sein de la nature. Ce n’est pas seulement un nihiliste assoiffé d’absolu mais un retranché de la société, jamais vraiment débarrassé de sa naïveté. Etretat reste le lieu géométrique de toutes ses passions. Au fond, il demeurera jusqu’au bout « le jeune homme d’une innocence départementale » pointé par Balzac. Alors, le timbré ? Une trentaine de récits de cas relevés dans sa bibliographie constitue le casier littéraire du suspect. Fou ?, La folle, Denis, Un fou ? Lettre d’un fou, Lui ? Qui sait ? sans oublier bien sûr le plus fameux Le Horla. Plus tard, la fin jetant une lumière noire sur le reste, on voudra reconnaître partout sous sa plume les masques de la folie, dans Fort comme la mort et Mont-Oriol, dans La Petite Roque comme dans Sur l’eau. Il est vrai qu’il a mis toute une œuvre à tourner autour de la mort et de son image. Il n’a pourtant pas mené sa vie comme s’il avait la nostalgie de la mort ; gardons nous de divaguer sur sa dilection pour le canotage de nuit, les voies du rameur sont impénétrables. Mais il serait des rares à ne pouvoir supporter que l’on écrive sur la folie autrement qu’en connaissance de cause.

Charcot, ah, Charcot grâce à qui toute femme est désormais suspecte d’hystérie… Même sainte Catherine de Sienne et sainte Marguerite de Cordoue ! Maupassant le tourne en dérision dans les colonnes du Gil Blas : « Nous sommes tous des hystériques depuis que Charcot, cet éleveur d’hystériques en chambre, entretient à grand frais, dans son établissement modèle de la Salpêtrière, un peuple de femmes nerveuses auxquelles il inocule la folie, et dont il fait en peu de temps des démoniaques ». Charcot de la Salpêtrière n’apprécie pas. Ni ça ni le reste. Une écriture de malade dès lors que la main à plume cesse de peindre la nature pour raconter des histoires. Aussi, lorsqu’il apprend que sa raison commence à vaciller, il lui fait savoir que le territoire de sa leçon publique lui est désormais interdit. On n’est pas plus élégant. Mais Charcot a tout compris depuis le début de cette torture inconnue qui le ronge. Là où les autres évoquent encore un trop profond commerce avec le morbide et le macabre, l’empire de la névralgie, la fragilité nerveuse, l’hyperexcitabilité congénitale, l’autoscopie, l’agraphie, l’hypocondrie, la répétition des comas et des crises épileptiformes, il délivre dès le début un diagnostic des plus précis : démence syphilitique. Il ne se trompe même pas sur le moment de la fin, celui où le malade sera définitivement hors-là. Maupassant, le mauvais passant que la simple visite d’un cimetière mélancolise, se remémore un fait divers nécrophile de 1849 en écrivant La Chevelure : le sergent François Bertrand violait les sépultures de femmes enterrées depuis peu. Errant par l’esprit entre les tombes, Maupassant n’est plus qu’un chien hurlant dans les ténèbres, seul à savoir que les ténèbres sont en lui. Quel est cet homme qui surgit face à lui dans le miroir ? Un ours des Pyrénées à l’allure de paysan du Danube. Il se voit lui-même devant lui. Il se retourne, son double est assis dans son fauteuil. Pendant des années, il va suivre son propre enterrement, perdu dans le cortège de ses admirateurs et de ses maîtresses. La mémoire s’effiloche, la vision se trouble, ses gestes le trahissent, son pessimisme fondamental le mine, le sentiment du vide le travaille. Il en faut moins pour se résigner au néant. Lui que la névrose d’échec habite en permanence, le voilà qui échoue même à se tuer. Il se tire une balle dans la tête mais il n’y a pas de balle dans le barillet, où avait-il la tête ! Il se tranche la gorge avec un couteau mais ce n’est qu’un coupe-papier, écrivain jusqu’au bout !

Un jour, à la clinique du docteur Blanche, le dément de la chambre 15 réclame en pleine crise qu’on lui passe la camisole. Sa vie n’est plus qu’une suite de délires et d’hallucinations, jusqu’à la paralysie générale. Les mauvaises langues prétendent qu’il aboie. Les Goncourt ne le ratent pas : ils annoncent dans Paris que Guy de Maupassant s’animalise. Son corps s’épuise en convulsions, sa tête est une émeute, son regard grouille d’insectes. Il parle au mur. Un jour de juillet 1893, le mur perd son compagnon. Ses derniers mots : « Des ténèbres, oh, des ténèbres ».

dimanche, 5 avril 2009

Hadopi, pipi...

L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi Création et Internet. La France devient donc le premier pays au monde à instaurer légalement la réponse graduée, et permettre à une autorité indépendante de sanctionner les citoyens en coupant leur accès Internet.

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vendredi, 20 février 2009

Le nouveau Dantec

dantec

Et voilà, le nouveau Gédéon est sorti en janvier 2009!! A la base je l'ai acheté pour la St Valentin de ma krokette. Mais trop curieuse, je l'ai lu dans les jours qui ont suivis et terminer en 3 jours.

Bref résumé :
France. De nos jours. Braquage d’une poste en banlieue sud de Paris. Efficace. Millimétré. C’est le dernier larcin commis par le narrateur et sa compagne, Karen, fugitifs échappés d’un « centre de regroupement » où sont parqués les porteurs d’un « neurovirus génétique », le syndrome de Shiron-Aldiss, qui leur permet des « états augmentés » considérés comme psychogènes par les autorités. D’où un marquage spécial de ces citoyens. Dans le même temps, dans la station Mir en déroute, trois cosmonautes sont en perdition avec à bord un passager inattendu, Albert Ayler, fantôme d’un saxophoniste mort en 1970. A l’autre bout de la chaîne, Karen et le narrateur sont les seuls témoins de cette mystérieuse apparition qu’ils partagent même au cours de crises auto-stimulées provoquée par le neurovirus. Ayler explique à Karen qu’il est un ange en pénitence dans les limbes, qui trouvera sa rédemption grâce au sauvetage de la station Mir. La fuite des héros continue : Maroc, Afrique Noire, Abidjan. Cette nouvelle alliance agit dans les deux sens : grâce à Ayler, Karen se retrouve dotée de pouvoirs surnaturels. En échange de ses dons, elle accepte le sacrifice à venir…

Comme le fantôme d'un jazzman dans la station Mir en déroute est en fait une nouvelle qu'il avait écrite avant 2001 pour figurer dans un recueil de nouvelles. Or celui-ci n'a jamais vu le jour et Maurice G. Dantec n'avait d'ailleurs pas fini d'écrire sa nouvelle. Ce n'est que récemment qu'il l'a reprise et complétée, à l'initiative en effet de son éditeur. Voir le site E-Déo .
Dantec renoue (enfin!) avec la veine romanesque, et nous plonge dans une cavale angoissante au rythme d'une musique de jazz... Mélangeant métaphysique, polar et science-fiction, il bascule perpétuellement entre le réel et l'imaginaire et réussit une fois de plus à créer de vrais héros de fiction (comme on les aime, avec leur grande gueule, leurs bagarres sanglantes et leur cœur tendre). Malheureusement, j'ai trouvé l'intrigue un peu courte : alors que le début est palpitant, on ne comprend pas trop pourquoi au milieu du roman nos évadés justiciers ("qui volent l'état qui essayait de leur voler leurs vies"...) se retrouvent à communiquer avec un jazzman perdu sur une station spatiale... J'ai un peu eu la sensation que Dantec a fait se croiser deux histoires sans en approfondir aucune. La chute aussi m'a un peu déçue, elle n'apporte aucune explication à tout ce qu'il a mis en place.
”12 ans plus tard” Maurice tombe sur son vieux manuscrit. “David Kersan le lut, et parvint à me convaincre que sa publication pourrait ne pas être inutile.” Bel euphémisme… Dantec laisse filer sa plume (ses doigts sur le clavier) et l’histoire est terminée. Il faut croire que le romancier ne devait pas avoir beaucoup de temps. Le début du livre (les 150 premières pages peut-être) est cohérent : l’auteur prend le temps de camper son action, déroule une à une les étapes de l’intrigue, esquisse même une critique sociale (au niveau de l’enfermement, de la prise en charge des maladies psychiatriques, etc). Puis après moultes bagarres, le thriller crève, avorte : l’intrigue est dénouée en quatre pages, en aussi peu de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Voir le blog de The Dude .

Félicitations pour le titre tout de même, que je trouve très poétique !

J'attends vos avis.

mercredi, 4 février 2009

ma nouvelle montre

montre
Je vous présente mon cadeau de Noël offert par mon chéri. Elle est rouge et me convient à merveille. J'ai l'impression de me balader avec une horloge ou une bombe tellement elle tic-tac fort. Une trotteuse de compétition en somme :)
Je te remercie beaucoup de ce fabuleux cadeau ainsi que la petite fleur qui l'accompagnait : fleur Je tiens à signaler qu'elle est toujours dans le même état à ce jour, pas flétrie (17 jours aujourd'hui).

jeudi, 15 janvier 2009

le pied dans le plâtre

Et oui , en 2009 je fais mes œuvres. Une super fracture du 3iéme métatarse gauche pour bien commencer l'année. Résultat 3 semaines au minimum de plâtre et béquilles accompagnés d'injection quotidienne d'anticoagulant ainsi que de prises de sang.
Génial quoi, mes mains jubilent d'être meurtries.
Voici ma scintigraphie. Admirez la sublimissime tâche : c'est ma fracture!! Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est une scintigraphie : on vous injecte un produit radio-actif et après on vous passe dans une machine IRM qui vous dévoile dans votre intimité....osseuse. Je vous laisse admirer.
ma sinti
platre

vendredi, 19 décembre 2008

4 ans

nous
Nous il y a 4 ans à Paris. Qui l'eut cru?
Voici 4 ans aujourd'hui que l'on s'aime et c'est pas près de s'arrêter.
On retourne à Paris dans 9 jours et j'aimerais que le temps s'arrête...

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dimanche, 14 décembre 2008

Ma liste de noël

cadeaux
Pour tous ceux qui veulent me faire plaisir à noël voici ma liste :

  • une montre
  • des boucles d'oreilles
  • du parfum
  • des nouvelles jambes..ou métatarses (non je rigole)
  • des produits de beauté ( gel douche, maquillage, ...)
  • une robe ou jupe ( taille 38) mais attention pas pour les vieilles!!!
  • Les Fourmis de Bernard Werber
  • un tableau à craie ou velleda.
  • un nouvel appart'
  • un pistolet laser
  • un lisseur à cheveux
  • et tout ce que vous voulez bien sûr m'offrir.

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